Du 3 avril au 30 août 2026, Glowing, flaring, lurid, loud, exposition personnelle de Yuyan Wang.
L’espace d’un instant, quelques morceaux de pierre brillent au fond d’une cavité. Puis le faisceau lumineux qui les éclairait remonte, par un conduit étroit, vers la surface de la terre. Avant de l’atteindre, il s’attarde le long de tunnels et éclaire des parois minérales bleues, vertes, fluorescentes. C’est le début d’un film de Yuyan Wang; cela pourrait aussi être le tout début du cinéma: une source lumineuse, projetée sur la paroi d’une grotte, fait apparaître des images jusqu’alors plongées dans l’obscurité.
Articulée autour de sa pratique du film et de la collecte d’images, l’exposition de Yuyan Wang dissèque la matière première du cinéma: la lumière artificielle. Intitulée Glowing, flaring, lurid, loud [Brillant, éclatant, criard, bruyant] d’après un vers de Derek Jarman, elle met en jeu la matérialité des images et l’action de la lumière sur nos sens et notre perception du temps. L’exposition place en miroir deux films, présentés chacun à une extrémité du rez-de-chaussée: Look on the Bright Side (2023) et The Moon Also Rises (2022). Le premier, fruit d’un montage d’images hétéroclites trouvées en ligne et de séquences documentaires, trace l’origine de la lumière artificielle depuis les profondeurs de la terre jusqu’aux éclairages publics, en passant par les usines de production de LED. Le second, filmé par l’artiste en Chine, met en scène deux personnes âgées dans la pénombre de leur appartement tandis que les chaînes d’information évoquent la mise en orbite de lunes artificielles. Ces deux volets en clair-obscur témoignent de deux pratiques distinctes du film. L’une, sans caméra, s’écrit essentiellement à partir du montage d’images documentaires amateures; l’autre met en scène une fiction filmée par les soins de l’artiste. Tandis que le flux ininterrompu d’images et le désir d’ériger de nouveaux astres semblent repousser les frontières de l’obscurité, le reste de l’exposition laisse place à un cinéma primitif. Le pouvoir d’attraction de la lumière crée ses propres images; un théâtre d’ombres dont les insectes sont les principaux protagonistes.
Elsa Vettier, février 2026.
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L'exposition personnelle de Rafael Moreno, The World, se déroulera en parallèle de Glowing, flaring, lurid, loud de Yuyan Wang.
Le jeudi 2 avril 2026 à partir de 18h, le CRAC Alsace a la joie de vous convier au vernissage de deux expositions personnelles. À cette occasion, une navette gratuite partira de Bâle à 18h depuis Meret Oppenheim Strasse. Elle repartira à Bâle à 22h. Informations et réservation: s.menu@cracalsace.com