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12.02 – 14.05.2017

ZIGZAG INCISIONS

 

Avec

Armando Andrade Tudela, Raven Chacon, Tania Pérez Córdova & Francesco Pedraglio, Roberto Evangelista, Ximena Garrido-Lecca, Seulgi Lee, Pierre Leguillon, Felipe Mujica, Edit Oderbolz, Blinky Palermo, Falke Pisano, Julia Rometti, Jorge Satorre.

 

Double exposition collective présentée au CRAC Alsace, Altkirch et à SALTS, Birsfelden.

 

Un commissariat de Victor Costales & Elfi Turpin.

 

 

VERNISSAGE BRUNCH LE DIMANCHE 12 février à 11h30 au CRAC Alsace.

 

Vernissage le samedi 18 février à 17h à SALTS.

 

 

 

zigzag
Image, tous droits réservés.

 

 

 

… des cercles, des cercles ; des cercles innombrables, concentriques ou excentriques ; un scintillant tourbillon de cercles qui, par leur multitude enchevêtrée de courbes qui se répétaient, par l'uniformité de leurs contours, par leur confusion de lignes entrecoupées, évoquaient une figuration du chaos cosmique, le symbolisme d'un art en folie essayant de représenter l'inconcevable.
Joseph Conrad, L’agent secret.

 

Un épigraphe volé à un livre, loin des villes frontalières troublées.

 

Des cerfs-volants, des cerfs-volants, d’innombrables cerfs-volants.
Des pentagones psycho-acides, certains avec des sourires fous de tortues Ninja, tenus par des lignes invisibles de force et d’intensité variables. Leurs formes et structures vernaculaires sont secouées par des rafales de vents tropicaux, sentant l’orage arriver et le ciel s’abattre sur la ville. Ils sont poussés contre les murs gris-vert-mousse d’un bâtiment moderniste décrépi. Les cerfs-volants frappent les murs, s’y collent, recouvrent l’humidité du béton impuissant d’un chevauchement de fractales et de couleurs dans un arrangement kaléidoscopique sauvage.
La trajectoire aléatoire du vent et de la mousson réunit le mythe mineur d'un cerf-volant et le rituel à demi oublié d'un mur moderniste. De grosses gouttes de pluie trouent le papier, le déchiquettent, laissant quelques fragments de géométrie volante accrochés aux surfaces sales, collés là pour un temps. Peut-être un temps géologique.

 

Il n'y a rien d'inconcevable dans l'art de traverser, une fin d’après-midi, la surface plane d'une place publique en marchant en zigzag, en observant du coin de l’oeil ce qui se passe à la périphérie de cet espace large et désolé. C'est simplement une méthode, une autre façon de pratiquer les tangentes, de rester simultanément en friction avec les multiples trajectoires d'autres êtres. Marcher en zigzag consiste à faire l’expérience du hasard gravé sur les géométries de faible impact de n’importe quels ville, forêt ou désert latino-américains.
De même, si vous passiez par là, et si vous aperceviez les fines lignes noires dessinant les rivières voisines sur un bol en céramique laissé sur la table d'une maison ouverte, vous sauriez où les habitants de cette maison sont allés pêcher. Pourvu que vous sachiez lire le code, bien sûr. Une question de proximité.

 

De retour sur la place, zigzaguant plus près de ses périmètres variables, si vous jetiez un coup d’oeil sur la gauche, vous pourriez apercevoir deux hommes, main dans la main, en train d’exécuter un tango parfait, avec un style et une élégance dépassant toute description. Si dans le même temps, vous regardiez furtivement à droite, vous pourriez fixer les pirouettes apparemment erratiques d'un insecte (probablement une mouche) s’échappant par la vitre arrière d'un taxi, laissant un passager à moitié soûl gesticuler frénétiquement aux côtés du conducteur, en racontant l’histoire d'un autre parcours, de A à B en passant par Z. Il y aurait des chances que vous ayez été pris dans l'une des boucles de la mouche. Vous auriez juste à être très très bon dans la pratique du regard oblique. Pratiquez souvent.

 

Mais ce qui se passe à Asunción ne reste pas à Cocosolo. Le vent, qui vient de finir de feuilleter le livre de géométrie que le Professeur Amalfitano a laissé suspendu dans sa cour sur une corde à linge, dans ce ready-made malheureux qu’est la ville, pour voir si un axiome pouvait apprendre quelque chose de la vie réelle (ou vice versa), ce vent-là apportera le concept d'attracteurs étranges* aux cactus qui poussent dans les montagnes entourant Lima. Quelques heures plus tard quelqu'un cuisinera le cactus, verra les fractales projetées sur des choses dans la nuit, et tentera d’agencer une langue différente pour nommer d'autres complexités obliques.

 

Nous avons regardé les lumières qui passaient, comme dans l'hymne pop post-dictature de Charly**: rouge, vert, jaune, vert, fuchsia. Nous avons traversé la place, les couleurs, les humains et quelques autres entités. Nous n'étions pas étrangers.

 

* http://www.matierevolution.fr/spip.php?article706

 

** https://youtu.be/yw1xpXndLr8

 

 

Victor Costales, janvier 2017.

 

 

 

Cette exposition respire le même air qu’un livre de géométrie pendu à une corde à linge. Commissariée par Victor Costales et Elfi Turpin, elle réunit Armando Andrade Tudela, Raven Chacon, Roberto Evangelista, Ximena Garrido-Lecca, Alfredo Hubard, Seulgi Lee, Pierre Leguillon, Felipe Mujica, Edit Oderbolz, Blinky Palermo, Tania Pérez Córdova & Francesco Pedraglio, Falke Pisano, Julia Rometti, Jorge Satorre dont les œuvres et les idées circulent entre trois espaces : celui du CRAC Alsace, un ancien lycée du 19ème siècle situé à Altkirch en France, celui de SALTS, une ancienne boucherie située à Birfelden en Suisse, et celui de Follas Novas, une librairie, située à Saint Jacques de Compostelle en Espagne, où aurait été acheté le Testamento geométrico du poète galicien Rafael Dieste, livre que le Professeur Amalfitano, un des personnages du roman de 2666 de Roberto Bolaño, livre donc que le Professeur Amalfitano a suspendu, non sans étonnement, à une corde à linge dans l’arrière-cours de sa maison.