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16.10.2016 – 15.01.2017

LA LIBERTÉ SANS NOM

 

Avec

Sven Augustijnen, Nicolas Clair, Fernand Deligny, Frédéric Dialynas Sanchez avec la participation de Lê Huy Cửu et de Sébastien Leseigneur, Vidya Gastaldon, Beatrice Gibson, Daniel Jacoby, Irene Kopelman, Felipe Mujica, Johanna Unzueta.

 

Un commissariat d'Elfi Turpin.

 

 

VERNISSAGE BRUNCH LE DIMANCHE 16 OCTOBRE À 11H30.

 

 

 

liberte

 

 

 

 

À la fin des années 1960, Fernand Deligny, poète, éducateur français, aménageait dans le vide des espaces-temps des Cévennes, un territoire pour des enfants autistes et leurs accompagnateurs parlants, agençant ainsi les circonstances d’événements inouïs au travers de la formation d’une trame non préméditée entre les uns et les autres.

 

Afin d’en observer et d’en appréhender le tissage, Deligny utilisa divers outils d’enregistrement : le film mais aussi le dessin qui permettait de cartographier sur ce territoire les trajectoires, les gestes et les déplacements des sujets mutiques et de leurs éducateurs parlants. Ces cartes, connues sous le nom des Lignes d’erre du réseau des Cévennes, construisaient le regard sur des strates de relations silencieuses et invisibles pour ne plus les traverser aveuglément. Il s’agissait notamment de contourner les malentendus par un renversement de perspective, c’est-à-dire de substituer le point de vue des parlants au « point de voir » des mutiques - autrement dit d’observer l’étrange tête du monde de la parole depuis celui du silence - pour permettre une vie commune en dehors du langage.

 

L’invention de Deligny dans cette affaire était de « faire sans faire » – c’est-à-dire donner la condition de possibilité d’un mode d’existence qui laisse affleurer le réel sans le présupposer, sans l’imaginer ou le penser. L’affaire est délicate et concerne, par delà l’éducation expérimentale ou des expériences alternatives de transmission, cette exposition collective, souhaitée libre et sans présupposé, et qui réunit à cette fin des artistes qui ont eux aussi tendance à faire affleurer un réel inimaginable.

 

Que se trame-t-il dans une exposition ? Que se trame-t-il entre ses habitants ? Entre les artistes, les œuvres, les curateurs, les accompagnateurs, les visiteurs et leurs multiples régimes de langage ? Comment ne pas écraser ses relations invisibles en formation ? Comment ne pas traverser aveuglement une exposition ? Comment entrer dans le champ de vision des œuvres ? Comment vivre en dehors du langage ?

 

 

E.T., septembre 2016.

 

 

 

* La liberté sans nom est un titre emprunté à un texte de Fernand Deligny publié dans L’Arachnéen et autres textes, aux Editions L’Arachnéen en 2008.

 

 

 

 

 

 

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